Après avoir étudié la philosophie et l’histoire de l’art, j’ai obtenu un Master en histoire et esthétique de cinéma à l’Université de Lausanne puis un Bachelor en réalisation à la Haute Ecole d’Art et de Design à Genève. J’ai toujours été intéressée à entretenir un lien fort entre la théorie et la pratique cinématographique, alimentant mon travail théorique par ma pratique et vice versa. Lors de mes études à l’université, je me suis beaucoup intéressée à Jean Epstein et à ses concepts de lyrosophie et d’antiphilosophie ainsi qu’à sa vision de la machine cinématographique capable de créer du sens antilogique de manière autonome. C’est cette conception qui m’a inspiré pour créer IRCA et entamer une réflexion sur le rôle de l’artiste et l’automatisme propre au dispositif cinématographique. Plus récemment, j’ai commencé à étudier de manière approfondie la spatialisation du dispositif cinématographique au travers d’artistes contemporains. J’ai été particulièrement frappée par la présence grandissante d’images en mouvement de type documentaire dans le contexte des arts contemporains ces dernières années. J’ai eu la chance de passer une année à Kassel lors d’un échange universitaire et ai ainsi pu vivre la documenta14 sur son entière durée. Cette expérience m’a permis de rencontrer, entre autres, le cinéma de Wang Bing à qui était consacré une retrospective de l’entier de son oeuvre. J’ai ainsi passé plusieurs semaines dans le cinéma de la ville à découvrir un rapport à la durée totalement différent de tout ce que j’avais pu vivre auparavant. C’est ce rapport « ordinaire » au temps que j’explore en ce moment dans ma propre pratique.
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